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Autocritique des médias : l'examen de confiance
Actualités du CLEMI

Libération a publié le 19 janvier un article sur la défiance envers les médias.

Libération.fr : Autocritique des médias : L'examen de confiance.La crise sociale dite des "Gilets jaunes" bouscule les médias. Les journalistes sont pris à partie, parfois violemment. Certains citoyens leur interdisent d'exercer leur métier, estimant qu'ils déforment l'information en leur défaveur.

Cette crise de confiance n'est pas nouvelle, mais sa violence est récente.

Le métier de journaliste est par définition un métier en constante évolution. La faculté d'analyse indispensable à ce métier d'observateur de la vie sociale favorise la remise en question des pratiques, des comportements individuels et collectifs de toute une profession.

Libération a provoqué un examen de conscience en réunissant 25 professionnels de différents échelons hiérarchiques et de différents horizons médiatiques.

 

Quelles explications à la défiance des Français envers les médias ?

Les médias sont-ils vraiment déconnectés ?

Les journaux ne s'adresseraient pas à la masse des gens. Le journaliste type serait assez éloigné du profil du Français moyen, par sa formation et par ses revenus. Les journalistes vivraient dans un entre-soi. Ils focaliseraient leur attention sur les décisions et les actes d'une frange de la population, l'élite, ne rapportant rien de la vraie vie des gens. Les couches populaires ne se verraient jamais représentées à la télévision. Elles ne constituent pas non plus le public cible des médias de l'écrit, celui-ci devant avoir les moyens de financer son abonnement.

Au plan géographique, 20.000 des 35.000 cartes de presse seraient détenues par des habitants de la région parisienne, ce qui constitue une autre contrainte à la visibilité des habitants, majoritaires, de province. La crise économique aidant, les médias "parisiens" se donneraient de moins en moins les moyens d'enquêter en province. Lorsque les réalités sociales en province sont abordées, elles le sont de façon analytique, laissant peu de place au ressenti de populations qui se sentent ignorées.

L'image d'une élite donneuse de leçon en découle.

Lancés dans une course à l'audience et à leur visibilité sur les réseaux sociaux, les médias auraient tourné le dos au quotidien des Français. Ils feraient en outre preuve de suivisme, pressés par l'urgence et la facilité. Leur esprit critique serait fortement émoussé. La vague de rachat des médias par des groupes industriels aurait également nuit à l'image d'indépendance de la profession.

 

Les chaînes d'info continue, très regardées par la population, se retrouvent en première ligne de la critique en raison des spécificités de leur travail : urgence, répétitivité de l'info en boucle, effet de loupe, manque de recul...

Les médias de slow-info, qui ont le temps d'enquêter sur le terrain, ne s'adressent pas aux catégories populaires.

 

Éducateurs aux médias, nous sommes quotidiennement confrontés à la défiance de nos élèves envers ceux-ci. Cet article fait partie de la chronique de cette crise durable de confiance. Il nous donne des éléments d'analyse que nous pouvons soumettre à la réflexion et à l'esprit critique de nos élèves.

 

Libération.fr, 19/01/2019 : Autocritique des médias : l'examen de confiance. Consulter

 

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Cartographie des DSDEN de l'académie

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