Scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers

Partager cet article

Pistes pour des réponses pédagogiques pertinentes

Des réponses pédagogiques pertinentes visent à aider ces élèves afin qu'ils puissent passer du « désir de comprendre » au « désir d’apprendre »

Quatre types de réponses semblent pertinents dans le cadre des dispositifs possibles.

a)    Adapter les contenus d’apprentissage

  • répondre au besoin d’apports supplémentaires : pour éviter ennui, distraction, décrochage

On peut aller plus loin dans les programmes en cours d’étude, aborder des domaines hors-programme, traiter des problèmes plus difficiles, commencer par la complexité pour revenir ensuite seulement vers les savoirs et savoir-faire de base qu’il faut acquérir pour résoudre le problème.

  • besoin de soutien et de compensation dans les domaines désinvestis


On peut utiliser le temps scolaire et extrascolaire pour organiser des ateliers, des conférences, des projets visant les acquisitions dans les domaines où l’élève a des lacunes et des difficultés.



Exemples :

  • un élève qui a des difficultés d’écriture progressera plus efficacement dans un atelier de « calligraphie chinoise » qu’en refaisant des exercices de graphie de base.
  • un défi ou un challenge sportif, requérant des qualités complémentaires, seront plus efficaces que des exercices répétitifs visant le développement de réflexes.

b)    Adapter les rythmes d’apprentissage : possibilités maîtrisées d’accélération

Indissociable du point qui précède : vitesse de progression et contenus sont liés.

  • accélération du cursus : elle est possible mais elle doit rester une exception validée par des spécialistes. En effet, elle va augmenter les difficultés dans les domaines peu investis ou mal maîtrisés et elle risque d’aggraver, dans certains cas, les difficultés de socialisation de l’élève.
  • progression différenciée selon les disciplines (modules à concevoir, travail en groupes de compétences, utilisation de la souplesse des cycles dans le premier degré...).


Exemples :

  • Un élève de CP sait très bien lire. Il peut aller, pendant les moments de lecture, en CE1 ou lire des histoires à des grands de maternelle. Il peut s’occuper de faire des fiches sur les livres nouveaux qui arrivent à la BCD... Il peut aussi, s’il a des difficultés avec la graphie, travailler avec d’autres, plus âgés ou plus jeunes, dans un atelier de calligraphie...
  • Un élève, passionné de sciences, peut suivre les cours d’un autre niveau pour cette discipline.

c)    Adapter les méthodes pédagogiques

Il s’agit de construire un parcours personnalisé fondé sur un bon diagnostic des difficultés et des potentialités.

  • élaboration de projets et d’emplois du temps personnalisés
  • relation avec un adulte référent de l’établissement (pas forcément professeur)
  • conception d’activités/tâches prenant en compte les motivations, les passions
  • constitution de groupes de besoin évolutifs
  • favoriser l’interdisciplinarité
  • complexifier et globaliser les attentes
  • élaborer projets et travaux collectifs où les spécificités enrichissent le travail du groupe
  • faire de la connaissance des méthodes et des procédures un champ d’investigation à découvrir, un savoir en soi


Exemples :

  • Difficulté en écriture : enregistrer la production orale pour  laisser le temps à l’élève de la transcrire ensuite/utiliser un ordinateur . Imaginer un atelier de calligraphie original (caractères cyrilliques , écriture grecque, arabe, égyptienne, gothique ...) .
  • Prise de parole anarchique : grilles d’auto-évaluation, reformulation de chronologie d’un récit, jeux de société poussant à une construction de la pensée...
  • Peu de motivation pour le français/la lecture : utiliser une prédisposition scientifique pour amener un élève qui lit peu vers la littérature de science-fiction
  • Peu de motivation pour les sciences : utiliser une prédisposition littéraire, le goût de la réflexion et l’esprit critique, pour amener un élève peu intéressé par les sciences à réfléchir à des questions liées aux progrès scientifiques selon l’angle de l’éthique puis à produire de l’écrit (synthèse, préparation d’un programme radio/TV, animation d’un débat ...)
  • Peu d’intérêt pour les contenus enseignés mais de l’humour, des remarques lucides et/ou décalées : faire rédiger, selon les aptitudes, des « billets d’humeur », des pastiches ; faire préparer une « revue de presse satirique » ou faire « dessiner » (vignettes, BD...) des événements pour illustrer des articles d’un journal de classe ... 
  • Difficultés à raisonner, à envisager des étapes : demander d’expliquer une technique à d’autres, éviter de commencer un apprentissage par des manipulations, lui faire élaborer un mode d’emploi pour d’autres, rédiger un problème et la correction pour la classe...
  • Mémorisation procédurale peu efficace (se contente d’utiliser sa mémoire immédiate et globale) : proposer des défis qui nécessitent des connaissances précises, faire tracer par d’autres une figure dont l’EIP donne une définition...

d)    Divers aménagements possibles dans le cadre de leviers qui existent à tous les niveaux

  • Projets Personnalisés de Réussite Educative : mise en place possible pour tous les élèves qui rencontrent des difficultés, EIP inclus
  • Travaux Personnels Encadrés,  interdisciplinarité pour mener à bien un travail pouvant contribuer à l’enrichissement collectif,  au rayonnement de la classe
  • Aide personnalisée : permet aux EIP d’être regroupés au sein d’un cycle pour mieux répondre à leurs besoins
  • Ateliers spécifiques pour les EIP d’une école ou d’un collège (RASED, accompagnement personnalisé ...)
  • Entretiens réguliers et régulés, pour les rassurer, faire le point sur les apprentissages, sur les relations avec le groupe-classe....
  • Contrats de réussite déterminant très précisément deux ou trois objectifs concrets, un calendrier, une évaluation des résultats.


NB : avec une adaptation et une mise en œuvre spécifiques, toutes ces pistes sont utilisables dans le cadre du fonctionnement de toutes les classes ; chaque élève peut tirer bénéfice de ce type d’approche différenciée dans le cadre de projets personnalisés élaborés à partir d’un diagnostic précis mettant en lumière non seulement la difficulté et les lacunes de l’élève mais surtout l’origine de la difficulté, ses causes, et aussi les aptitudes et les points forts sur lesquels la démarche pédagogique peut s’appuyer pour faire évoluer positivement le travail de l’élève.

Partager cet article
  • Imprimer
  • Réduire / Agrandir

Cartographie des DSDEN de l'académie

Cartographie des DSDEN de l'académie