La circonscription
Monographie d'après Didier Payré, EMALA.
Le Conflent, traversé par la Têt, est orienté vers la Méditerranée. C’est un territoire très contrasté : vergers dans sa partie basse, nombreuses vallées encaissées et villages isolés dans sa partie haute. C’est un haut-lieu de la catalanité, le village de Ria étant historiquement connu comme le berceau de la dynastie des comtes-rois catalans (comtes de Barcelone et rois d’Aragon) mais aussi par la présence des deux joyaux romans et centres spirituels que sont les abbayes de Saint-Michel de Cuxa et de Saint-Martin du Canigou. Un passé minier omniprésent (exploitation du fer, principalement sous forme d’hématite) et une longue tradition de luttes sociales ont valu aux villages conflentois le surnom de « ceinture rouge du Canigou ».
Le Parc Naturel Régional des Pyrénées Catalanes s’étend entièrement sur la circonscription de Prades. Son symbole et fil conducteur est la ligne ferroviaire du train jaune, construite au début du 3 siècle dernier, monument historique et technique en cours de classement au patrimoine mondial de l’humanité.
La circonscription de Prades s’étend sur trois régions géographiques bien distinctes : la Cerdagne, le Capcir et le Conflent. Elle représente à elle seule près du tiers de la superficie du département des Pyrénées-Orientales. C’est un territoire essentiellement montagneux qui culmine au Pic Carlit (2921m) mais dont le sommet emblématique est le Pic du Canigou (2785 m), montagne sacrée des Catalans.
La Cerdagne est drainée par la rivière Sègre, un affluent de l’Ebre. C’est un plateau d’altitude (1200-1500 m) et l’une des régions les plus ensoleillées de France, haut lieu du climatisme et du patrimoine scientifique solaire. La toponymie cerdane avec ses noms de villages monosyllabiques porte la trace d’un peuplement ibéro-basque très ancien. La Cerdagne fut coupée en deux lors du Traité des Pyrénées de 1659 et porte encore la cicatrice de cette déchirure par la présence de l’enclave espagnole de Llivia sur le territoire français.
Le Capcir est un autre plateau d’altitude, tourné au nord vers le réseau hydrographique de l’Aude. Il offre un paysage de lacs et de forêts, froid et venté. C’est un territoire enclavé jusque dans sa langue, le parler capcinois étant un catalan fortement mâtiné d’influences occitanes.

