Intempéries dans le Gard : point de situation

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ECRI'20

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[CHEMARIN GAMBADE Caroline] Parole Ogresse

Poème-Image autour d'Oedipe, du voyage et du temps. 

ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα 
Oppressante présence aux abords de la ville,
Insaisissable monstre au visage tranquille,
Douce, déterminée, calme comme la lionne
A l’affût, elle observe l’homme et le questionne.

Il est temps. Comprends-tu ? C’est toi qu’elle interroge.
Son sujet, son objet, c’est toi, face à l’horloge.
Marche, petit humain, sur le délai qui passe :
Elle sait ; tu ne sais... Qui ne sait pas trépasse.
Nul ne pensait mourir ; tous elle les terrasse.

Tous.
Oui... Et jusqu’au dernier, pas un n’échappe à l’ombre :
Il ne vous venge pas celui qui sait répondre.

Oedipe, voyageur claudicant et tenace,
Invaincu jusqu’alors dans son rêve d’audace,
Dira le mot, tuera le monstre et sera roi...
Auréolé de l’illusion de tous ses choix.

Il se verra vainqueur -qui ne sait pas trépasse-
Sourira du destin et des chemins qu’il trace...
Mais écoute, Mortel, elle l’a dit pourtant :
Elle n’a rien omis de la ligne du temps...
N’as tu point de passé ? Qui ne sait pas trépasse.

Toi,
Où croyais-tu aller sur tes pieds douloureux ?
Il était là, déjà faussé, ton propre JE.

Oppressante parole et pourtant captivante,
Insaisissable énigme aux accents d’épouvante,
Diseuse de nos vies, véritable promesse,
À celui qui entend, elle est parole ogresse.

***


Personnage : Sphinge 
Références : Cocteau, La Machine infernale, 1932
Notes : Bien sûr, la Sphinge apparaît bien avant, dès Hésiode.... Pour l’illustration, par exemple, j’ai récupéré l’énigme telle qu’elle est retranscrite par Apollodore. Cependant, celle de Cocteau m’interpelle, avec son fil imaginaire qui semble retenir sa proie (sphingein signifie étouffer). J’aime son côté « chat » ; j’aime son côté « tisseuse d’énigmes » (toute relation avec une personne tentant d’exister est purement fortuite).
La tragédie d’Œdipe est souvent présentée comme la tragédie du savoir (oida : je sais – ismen : nous savons) Œdipe sait en effet... Mais pas tout (pas l’essentiel), ce qui le mène à sa perte. Savoir l’avenir est insuffisant sans la connaissance du passé où sont ses germes.
La tragédie d’Œdipe est aussi une tragédie de la marche, du cheminement et du voyage : l’enfant a été mutilé au niveau des pieds et c’est de son premier voyage, à Delphes, que naît le désir d’échapper à son destin et de tracer son propre chemin. Bien-sûr, il tue son père à un carrefour et la question posée par la Sphinge évoque à la fois la marche et le temps. Bref : Mettre toutes ces sensations dans un poème. 

Choix : Trois quatrains pour OIDA (je sais), deux quintils pour ISMEN (nous savons et homophone d’Ismène, fille d’Œdipe), deux tercets pour TOI qui nous représente TOUS (image d’Œdipe, donc de l’Homme, donc du lecteur). Petit jeu sur le temps, la connaissance et l’enfermement tragique qui « fausse le jeu/je ». Petit jeu sur l’insaisissable (monstre – parole – temps).
Puisque une énigme, finalement, c’est avant tout un jeu. Un jeu poétique.

ἕν οἶδα ὅτι οὐδὲν οἶδα 
Plus ou moins traduisible par : Je sais une chose : que je ne sais rien.

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Cartographie des DSDEN de l'académie

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