« Le tout est plus que la somme de ses parties.»
Ce principe aristotélicien s’est révélé particulièrement juste lors de la rencontre-formation autour de la scolarisation des enfants issus des bidonvilles.
Réunis autour d’une question qui engage autant la conscience que la compétence professionnelle, les 130 participants, des membres de l’éducation nationale, de l’université, des institutions, des collectivités territoriales et des associations de médiation ont mis à contribution leur expertise pour améliorer la scolarisation des enfants issus des bidonvilles, au sein de l’École pour tous.
Carole Drucker-Godard, Rectrice de l'académie de Montpellier a ouvert la rencontre en évoquant la spécificité de la mission CASNAV de scolarisation des enfants issus des bidonvilles et fait référence à Edgar Morin pour poser le cadre de cette journée : penser la complexité, refuser les approches réductrices.
Frédéric Miquel, Paul Rohmer et Jean-Paul Bachelot de la DIHAL ont établi un état des lieux de la scolarité de ces enfants dans la métropole de Montpellier et puis en France. Si la situation s’améliore, elle n’est pas encore satisfaisante et de nombreux freins ont été observés. Mais identifier les obstacles, c’est déjà commencer à y travailler.
Ensuite, les participants ont été répartis dans des ateliers intercatégoriels afin de réfléchir ensemble à des solutions. Ils ont mis à nu les ressorts de l’exclusion et les leviers d’un progrès possible.
- Marion Lièvre, anthropologue, maîtresse de conférences à l’université Bordeaux-Montaigne, est intervenue à distance sur le sujet suivant : « Enfants des bidonvilles », « migrants précaires », « Roms de Roumanie » .... : entre processus de catégorisation, d’assignation et d’identification
- Slavka Radenez, médiatrice scolaire de La Cimade, experte en langue romani, a évoqué le rôle essentiel des parents d’élèves.
- Nathalie Auger, professeure des universités en science du langage, directrice de l’U.R. LHUMAIN, a partagé un « éclairage plurilingue et pluriculturel : des territoires aux apprentissages ».
Ces trois interventions ont permis d’approfondir la connaissance des situations psychologiques et sociales de ces élèves, et d’affiner le regard sur leurs difficultés de scolarisation.
Un repas partagé a prolongé les échanges, et créé des liens entre professionnels d’horizons différents qui se partagent une même préoccupation : aider les enfants issus des bidonvilles à grandir, s’épanouir et faire en sorte que leur droit à l’éducation soit une réalité et pas seulement un principe.
L’après-midi, des actions concrètes ont été abordées lors d’une table ronde sur le thème de « l’école pour tous » en lien avec le projet académique E.N Marges dédié à la scolarisation des élèves en grande précarité sociale et scolaire.
Léna Blasselle, éducatrice de jeunes enfants a présenté le projet Kairos, qui concerne l’accompagnement des enfants vers la maternelle, des médiatrices scolaires inclusives, Cassandre Michaux et Juliane Gibassier sont intervenues pour expliquer leurs actions au sein des collèges et écoles primaires, ainsi que Olivier Bedu, principal du collège de Port-Marianne. Puis, la capsule EVAR en langue roumaine a été présentée par Sophie Reddet.
Enfin, l’intelligence collective a été sollicitée pour proposer des solutions sur des thèmes diversifiés dont la lutte contre l’absentéisme, la possibilité de l’orientation, le bien-être scolaire ou encore l’inclusion des élèves non lecteurs.
De nombreuses idées, réflexions ont été proposées, révélatrices de l’implication et des qualités professionnelles de tous les participants. Il ne reste plus qu’à s’emparer de ces invitations à rendre le monde scolaire meilleur et plus favorable à la scolarisation de tous les enfants, et les transformer en actions concrètes.
Mise à jour : juin 2026


